Image Messenger
06/08/2025

Et plus si affinités…

Par Pat

Un nouveau texte que je soumets à votre appréciation 😊

Et plus si affinités

Lundi

— Bonjour et merci pour la demande d’ajout sur Facebook. On se connaît ?

Non, pas vraiment 😊. Ça fait un bout de temps que je lis vos publications sur ce réseau. Je les apprécie et j’ai eu envie de faire connaissance, mais je ne pensais pas que vous alliez me contacter ainsi via Messenger.

— Je suis d’un naturel curieux. Chaque fois qu’une personne qui m’est inconnue me fait une demande d’ « ami », je tente d’en savoir un peu plus sur elle.

Ça doit vous prendre pas mal de temps, à voir le nombre élevé d’amis qui vous suivent sur ce réseau.

— Non, pas tellement, en fait. Même si Facebook est pour moi un outil de travail, je passe peu de temps à communiquer avec mes contacts. Beaucoup de gens, après une première rencontre dans la vraie vie font illico une demande d’ami. J’accepte pratiquement toujours, mais seuls ceux qui interviennent dans les discussions, qui donnent des avis, qui débattent, attirent vraiment mon attention, comme toi.

Ah, on se tutoie déjà ? 😊

— C’est naturel chez moi, ça te dérange ?

Pas vraiment, mais je suis surprise. Il n’y a que quelques minutes que nous discutons ensemble et passer de suite au tutoiement, ce n’est pas dans mes habitudes. Je suis sensible au respect de certaines règles et il m’est difficile de tutoyer un inconnu.

— Bon, je reviens au vouvoiement, excusez-moi.

 Non, on peut se tutoyer. Mais je sais comment ça va. On bavarde quelques minutes, on se tutoie très vite, on va boire un pot et le mec veut directement coucher. Ce n’est pas ma façon de voir les choses.

— Ok. On se voit demain pour prendre un verre et faire plus ample connaissance ? 🤣

Pffffff. Tu le fais exprès. Je viens de te dire que je n’aime pas quand ça va trop vite. Qui te dit que j’ai envie de te rencontrer ? Je pourrais simplement souhaiter bavarder avec toi via mon écran. On le boit où ce verre ?

— Un bon point, tu me fais déjà rire. Tu me fais une tirade sur les mecs qui vont trop vite et dans la foulée, tu proposes qu’on se rencontre. Tu ne manques pas d’air 😉. Demain à 20 heures, on se retrouve pour déguster un excellent Tartare de bœuf préparé à l’ancienne au Napoléon III, Place Armand Carrel.

Je te taquine 🤣. On ne va pas manger un excellent Tartare ni même boire un verre. Tu t’imagines, si on se retrouve dans un resto et qu’au bout de quelques minutes, on n’a plus rien à se dire ? On aura l’air con tous les deux et tu auras dépensé de l’argent pour rien. Mais en plus, je te le confirme, j’ai besoin d’un peu de temps. Relis ce que j’ai écrit plus haut, je n’aime pas quand ça va trop vite.

— Dépenser de l’argent ? Je supposais qu’en tant que femme moderne tu aurais au moins proposé de payer ta part 😉. Mais difficile de faire la part des choses avec toi. D’abord, tu dis que ça va trop vite, ensuite, tu me demandes où on va pour partager un pot et finalement, nouvelle marche arrière.

 Tu sais, quand on discute comme ici sur Messenger, il y a un gros problème : on ne voit pas le visage de son interlocuteur. Or, l’expression non verbale c’est important. Quand tu me lis, c’est avec ton état d’esprit à toi, tu interprètes donc tout à ta façon. Je dis « tu », mais c’est ainsi pour tout le monde. Tu ne t’imagines peut-être pas que pendant que je t’écris, je souris, mais toi tu peux prendre ça au premier degré.
J’ai lu beaucoup de tes publications sur Facebook, tu m’as l’air d’être un type avec lequel je pourrais m’entendre. Il y a des affinités entre nous, c’est certain, et j’ai un a priori favorable à ton égard. Mais ce n’est qu’intellectuel, en tout cas pour le moment. Donc, je préfère que l’on continue à se parler ici et peut-être qu’un jour on ira boire un pot. Ou plus, si affinités.

— Ok. Je comprends. À bientôt.

— Tu es fâché ?

— Non.

Si, je le sens bien, tu es fâché. Je te laisse alors 🥲. À bientôt.

 

Mardi

— Tu es là ?

— Réponds-moi, je vois que tu es connectée.

— Apparemment, tu boudes. À bientôt alors.

— Ça fait plus d’une heure que tu es en ligne et tu ne me réponds pas.

— Tu m’espionnes ? 😡 Je n’ai pas de comptes à te rendre. Je suis en conversation avec un ami et je n’aime pas discuter avec deux personnes à la fois. C’est un peu comme si nous bavardions ensemble dans un bistrot et que toutes les deux minutes, tu te tournes vers quelqu’un d’autre pour converser avec lui.

— Il n’est pas question de t’espionner. Tu pouvais aussi me laisser un simple mot pour me dire que tu étais occupée. Je te croyais fâchée et j’avais l’impression que tu voulais m’éviter.

— Je serais fâchée, je te le dirais. Mais hier soir, c’est toi qui râlais, tu ne me répondais plus. Tout ça parce que je t’ai dit que pour le moment, je préférerais que l’on continue à se parler via cette messagerie et peut-être qu’un jour on irait boire un pot. Apparemment, ton orgueil masculin en a pris un coup. Pourtant, j’ai ajouté : « et plus si affinités ». Je ne ferme donc pas la porte et je n’ai pas compris que tu te mettes à râler 😘.

— D’accord. On parle de quoi, alors ?

 De rien pour le moment 🥲.  Je suis en conversation avec quelqu’un d’autre et j’ai déjà interrompu celle-ci pour répondre à ton impatience. Maintenant, je reprends le fil de cette discussion-là. Peut-être à tantôt.

Peut-être ?

Mercredi 

— Coucou !

— Enfin ! Je désespérais 😊. Hier, je suis resté connecté jusque minuit dans l’espoir de papoter avec toi un petit moment, mais apparemment, ton « ami » avait beaucoup de choses à te raconter.

— Monsieur fait sa petite scène de jalousie ? 😊

 — Non, je ne suis pas jaloux. Pas du tout. Qui c’était ce mec ? 😤

— 🤣🤣🤣 Tu vois que tu es jaloux. Ce mec, comme tu dis, est mon ex. On se voit encore de temps à autre et samedi, nous allons au restaurant puis nous sortons en boîte.

— Merde alors. Moi tu refuses mon invitation, mais avec ton ex, tu acceptes ! 😡

— Normal, je le connais depuis des années. Et je t’ai dit de ne pas être trop pressé. Ne me mets la pression, j’ai horreur de ça 😡.

— Je ne te mets pas la pression, j’ai seulement envie de faire plus ample connaissance avec toi. J’ai passé des heures à lire tes posts sur Facebook. J’aime vraiment ce que tu écris. C’est à la fois raisonné, sensible, juste… Je me sens parfaitement en phase avec toi. Et j’ai aussi beaucoup regardé tes photos. Tu es super jolie, j’adore !

— Ne tente pas de me flatter 🤣, mais ceci dit, je te lis aussi avec beaucoup de plaisir également et il est vrai que nous sommes souvent dans le même type de raisonnement. J’ai jeté un coup d’œil aussi sur tes photos.

— Mes photos ? Et ?

— On te voit fréquemment sourire et même rire aux éclats. Et souvent aussi en galante compagnie, une jolie dame !

Souvent en galante compagnie ? Je ne l’avais pas remarqué. Il manque peut-être une photo de toi et moi, maintenant. On devrait arranger ça, non ?

— Je te vois venir. Mais la réponse est non. Je n’ai pas envie de te rencontrer. Je me plais bien dans ce début de relation virtuelle et pour le moment je n’ai pas besoin de plus.

— Je ne te comprends pas. On s’entend bien, pourquoi ne pas se rencontrer dans la vie réelle ? 🤔

— Parce que j’aime bien communiquer via ce canal. Devant un écran, j’ai l’impression qu’on dit plus facilement les choses, qu’on a moins de tabous, qu’on laisse de la place à l’imaginaire. Je ne te le cache pas, j’ai peur parfois d’entrer dans une certaine monotonie. C’est souvent ainsi : on chatte, on se rencontre, on sort ensemble et puis on s’installe dans la routine. Et ça, ça me rend dingue. Je ne veux pas entrer dans ce système. Peut-être que je te rencontrerai un jour dans la vie réelle, mais alors, ça voudra dire que j’en ai vraiment envie, que tu auras réussi à créer une sorte de besoin. Mais peut-être aussi qu’on en restera au virtuel, nul ne peut dire ce qu’il adviendra.

C’est vrai que discuter de façon virtuelle permet de se désinhiber. Mais je dois dire qu’entre nous deux pour le moment, on reste très conventionnels. On n’aborde pas de sujets intimes… Moi j’aimerais bien qu’on se dévoile un peu, qu’on ose écrire certaines choses qu’on ne se dirait pas de visu. Bref, j’ai envie d’en savoir plus sur toi et tu peux évidemment me poser toute question que tu veux, j’y répondrai franchement.

Ça viendra, doucement. Mais hier soir, par exemple, après notre conversation, j’ai longtemps pensé à toi. Je m’en suis voulu de t’avoir remballé parce que j’étais occupée à discuter avec mon ex. J’aurais mieux fait de le remballer, lui, pour passer un petit moment avec toi. J’ai eu difficile de m’endormir tant je me sentais coupable envers toi. Je me suis reconnectée pour voir si tu étais encore là, mais pas de chance… 💋

— Heureux d’apprendre que tu as pensé à moi dans ton lit. 🤣 Mais la prochaine fois, si tu as envie de chatter et que je ne suis pas connecté, envoie-moi un texto, j’arriverai de suite.

— Je n’ose pas t’envoyer des textos même si parfois j’en meurs d’envie, mais j’ai peur de t’embarrasser ou que ça ne te pose problème.

— Tu peux m’envoyer des messages quand tu veux, tu ne me dérangeras jamais. Au bureau, notamment, c’est plus discret que Messenger. Et je te répondrai toujours le plus vite possible.

— Super ! Maintenant, tu ne m’en voudras pas, mais je vais me mettre au lit, je suis fatiguée. Je t’envoie un doux bisou. 💋💋💋

— Un doux bisou ? Mmmmmm… 😉 J’espère que tu penseras encore à moi dans ton lit ! ❤️ ❤️ ❤️

— Peut-être…

— Hier, tu as déjà terminé notre chat par les mêmes mots. Je ne sais pas pourquoi, aujourd’hui, ils résonnent différemment dans ma tête. ❤️

 

Jeudi

— Ça va ? Ta journée a été bonne?

— Et comment ! Tu m’as envoyé 8 textos au cours de cette journée. Je suis ravi !

— Pas plus ? Je me suis retenue MDR.

— C’est incroyable comme la situation a évolué en une seule journée ! J’adore le ton de nos derniers échanges…

— C’est peut-être parce que je commence à me sentir à l’aise avec toi.

— Enfin ! Et j’ai cru comprendre que tu n’étais plus si opposée à une petite sortie ensemble. Si tu veux, on peut aller passer une journée à Ostende, avec promenade sur la plage et un petit resto, si on en trouve un ouvert à cette période.

— J’adore la mer en cette saison, surtout qu’il n’y a pas de touristes. Mais ne va pas trop vite, ne brusque pas les choses. Quand ce sera le moment, tu le sauras. Et comme je t’ai dit dans un message tantôt, je ne la fais pas longue ce soir, j’ai une réunion dans une demi-heure. Mais je t’enverrai encore l’un ou l’autre texto en cours de soirée.

— Ok. Pour moi ce soir ce sera alors un peu d’administration, je suis en retard de ce côté. Mais je serai en pensée avec toi. 💋 Bisous tout doux. 💋💋💋

 

Vendredi

— Hier soir, tu m’as dit que tu m’enverrais l’un ou l’autre texto. J’en ai reçu 16, dont le dernier à trois heures du matin. 🤣 Et au cours de la journée, tu m’en as envoyé plus d’une vingtaine !

Bin quoi ? Comme tu me réponds systématiquement, j’en déduis que ça te plaît et donc, je continue ! 😍 D’autant plus que tes réponses arrivent toujours très vite, comme si tu étais dans l’attente…

— J’adore ! Et puis, tu deviens coquine par moments, j’en redemande. 💕💕💕. Mais je dois faire gaffe : tantôt, je me suis esclaffé en te lisant et j’ai attiré le regard de certains collègues. Maintenant, ils me chambrent parce que je passe trop de temps sur mon smartphone.

Tu attends vraiment mes messages ? 

— Évidemment. Je ne sais plus m’éloigner de mon smartphone. Je guette l’écran en permanence. J’attends tes messages avec une impatience totale. Mais ça me crée des problèmes : au boulot je suis trop distrait et je n’avance pas dans mes dossiers. 😥 

— Il vaut mieux que je ne t’écrive plus en journée alors… 😊

— Non, ne fais pas ça. Continue à m’écrire, c’est devenu comme une drogue pour moi, je ne pourrais pas vivre sans tes petits mots.

— J’ai envie de rester encore un peu avec toi, mais je tombe de fatigue, je vais aller me glisser sous la couette.

Mmmmmm. Sans moi ? 😥

— Un jour… peut-être ! 😊😊😊

 

Samedi 

— Coucou ! Tu fais la grasse matinée ? Déjà onze heures du matin et pas encore de message de ta part !

— C’est le bip de ma messagerie qui m’a réveillé. Tu te rends compte qu’on s’est envoyé des textos jusqu’à 5 heures du mat. J’en ai compté une soixantaine ! Apparemment, tu t’es endormie et moi j’ai suivi. Et ce matin, je suis tout excité, on va enfin se rencontrer !

— Oui, j’en ai envie, je te l’ai dit. Je suis comme toi, j’attends chacun de tes messages, je pense à toi sans arrêt. J’ai maintenant envie d’en découvrir plus, de te voir pour de vrai, toucher ta peau, sentir ton odeur. Et j’ai encore des milliers de questions à te poser, je veux tout savoir sur toi.

— On peut se voir ce soir, je n’ai rien de prévu.

— Mon chéri, ce soir, je suis au resto avec mon ex. Mais je ne sortirai pas en boîte comme prévu, je rentrerai assez tôt pour passer encore un petit moment à chatter avec toi.

— Tu as l’art de manier le chaud et le froid. C’est la première fois que tu m’appelles “chéri”, mais tu enchaînes pour me rappeler que tu vas au resto avec ton ex. Comme je suis du genre positif, je ne retiendrai que le début de ta phrase.

— Ne le prends pas mal. Quand j’ai accepté ce resto, je ne te connaissais pas. Maintenant, je regrette, mais si je refuse, ça va créer des problèmes alors que je voulais aussi profiter de cette soirée pour en régler d’autres. Mais, pour me faire pardonner, je t’annonce que j’envisage un peu plus que partager un verre ou un petit repas avec toi. 😊 On pourrait passer le week-end prochain ensemble à la mer. Qu’en penses-tu ? 😊😊😊

— Tout un week-end ? J’en rêve ! Mais ce sera difficile pour moi d’attendre encore une semaine. Je meurs d’envie de te voir, te toucher toi, non plus ce clavier qui est notre seul lien. Tu te rends compte qu’on n’a fait que s’écrire, on ne s’est même pas encore parlé, ne fût-ce que par téléphone.

— Personne ne t’a empêché de m’appeler. (Je me marre, là) Mais j’ai adoré chacun de nos échanges. Tu m’as donné l’envie de quitter le virtuel, c’est encore un excellent point pour toi.  

Mais tout un week-end, ce n’est pas un peu risqué ? Si ça ne va pas pour une raison ou une autre et qu’on se retrouve dans un même lit, ça peut poser problème, non ? On ne partirait pas qu’une seule journée pour une première fois ?

— J’ai l’impression que tu veux faire marche arrière. De quoi as-tu peur ? Si ça ne va pas, on reviendra plus tôt que prévu, ce n’est pas grave. Ou on profitera quand même du moment, comme des adultes.

— Non, je ne fais pas marche arrière. Je stresse un peu, c’est tout.

— Tu n’avais pas l’air stressé dans tes précédents messages. À te lire, j’ai cru comprendre que tu étais fou de moi, prêt à me faire l’amour une nuit sans arrêt. Et maintenant, tu donnes l’impression de rétropédaler. Tu as l’impression que cette fois, c’est moi qui vais trop vite ? 🤔

— Non, non… J’ai moi aussi envie de ce week-end avec toi, y compris la nuit, tu le sais.

Alors, dépêche-toi de nous trouver un endroit sympa. J’adore la mer en hiver. Et ne cherche pas un truc de luxe, juste un chouette petit endroit pas trop éloigné de la digue…

— Je suis déjà occupé à chercher, mais à cette période, beaucoup d’hôtels sont fermés. Je trouverai, ne t’en fais pas.

Je te laisse. J’ai un peu de boulot en retard. À cause de toi, je n’ai rien fait dans mon appart cette semaine. Passé trop de temps sur l’écran. Mais je dois avouer que ça valait la peine. Hâte d’être près de toi et même déjà dans tes bras. Je t’envoie plein de bisous. Où tu veux.

— Où je veux ? Tu me provoques une nouvelle fois! Je t’en envoie tout autant. Envoie quelques SMS en cours de journée, que je me sente moins seul ! 💋💋💋

Promis. Bisous mon chéri. 💕💕💕

 

Dimanche

— Coucou ma chérie, tu n’es pas encore éveillée ? Tu ne m’as envoyé aucun message cette nuit 🤔

— Salut.

— Ho, tu n’as pas l’air de bonne humeur.

— Si.

— Je sens bien que ça ne va pas. Que se passe-t-il ? Ça ne s’est pas bien passé avec ton ex ?

— Si très bien. Au resto, il m’a longuement parlé de Laurence, une de ses amies. Qui a un mari et des enfants merveilleux. Il m’a même montré des photos: un couple uni, qui s’entend merveilleusement bien.

— Laurence ?

— Oui, Laurence. Ton épouse.

 

Patrick Lefèbvre